dimanche 4 décembre 2011

Miser à droite.

Un peu plus tôt dans l’année, environ à la mi-session de CÉGEP, j’ai eu l’occasion d’échanger sur la politique avec l’un de mes professeurs que je ne nommerai pas car son identité n’a aucune importance en contexte. En bref, nous argumentions en suivant la classique ligne de débat gauche vs droite. J’étais du côté gauche et, étant au beau milieu d’un cours, nous n’avons pas pu terminer la discussion, à mon grand regret. En pensant à mes sujets potentiels pour cette chronique, je me suis souvenu de cet échange et plus particulièrement d’une phrase prononcée par mon professeur qui allait comme suit : « Les idées de gauche ne sont que des rêveries prononcées par des révolutionnaires extravagants.» L’impact de cette phrase qui frôle l’insulte gratuite et le temps limité m’ont empêché de bien formuler une réponse claire et nette, hélas. C’est pourquoi je choisis de donner mon opinion dans ce blogue créé à cet effet, pour rattraper l’occasion perdue. Je vais donc tenter de vous faire comprendre pourquoi le système économique  néo-libéral conservateur en usage actuellement contient tout autant et même plus d’«extravagances» qu’un système socialiste accompli.

Le néolibéralisme est un système théorique conçu par ceux que l'on nomme "l'École de Chicago" dont le principal promoteur était Milton Friedman. Elle mélange certains points du  libéralisme (dérégulation des marchés financiers, privatisation des entreprises d’état, vente de ressources naturelles à prix bas à des conglomérats étrangers etc.) à plusieurs éléments du keynésianisme de John Maynard Keynes qui valorise plutôt les subventions au privé et les infrastructures d’entreprises payées par l’état. La logique derrière cette théorie est que l'argent crée par les entreprises est redistribué en salaires aux employés (création d'emplois) et en profits redistribués aux actionnaires, dont des fonds de pensions, et que ces actionnaires se serviront de l'argent pour se procurer des biens et des services, ce qui fait rouler l'économie et crée des emplois. Le problème dans tout cela c’est la spéculation. En effet, de nos jours, il est plus rentable d’acheter des actions et de spéculer sur leur valeur (vendre et acheter au bon moment) que d’investir directement dans une entreprise et récolter les profits. Donc, souvent, quelqu’un d’important dans le milieu économique spécule que la valeur de ses actions va baisser prochainement et vend. Les autres investisseurs le suivent en se disant que si celui là a vendu, c’est certain que le prix va radicalement baisser, alors tout le monde vend et l’action dégringole. Le phénomène se nomme bulle spéculatrice et  c’est ce qu’on a vu notamment dans le krach de 1929 ou la crise économique de 2008.

La solution néo-libérale à tout cela est d’injecter des sommes d’argent importantes dans l’état ou les entreprises en perdition afin de sauver la mise. Mais en réduisant ses revenus et augmentant les dépenses, l’état se met dans la merde et il faut réinvestir massivement à tous les 5 à 10 ans, comme en 2008.

Je trouve donc étrange de considérer des idéaux d’entraide, de partage et d’égalité (de gauche) comme extravagants alors que le cœur même de notre économie est basé sur les estimations d’un petit groupe de gamblers. De plus, les militants de droite dénoncent les dépenses en aide sociale et en éducation par exemple comme étant la source du manque de fonds de l’état alors que la privatisation et la paranoïa  font des ravages.

En somme, je suggère à tous les argumentateurs de droite de considérer les bases abstraites de leur propre système d’idées avant de considérer la gauche progressiste comme extravagante. Ce n’est pas parce que la cupidité et le manque d’organisation ont fait rater plusieurs systèmes de gauche dans le passé qu’il faut être cynique et continuer de miser sur les mêmes absurdités rétrogrades et carrément illogiques.

dimanche 27 novembre 2011

Politique néolithique.

Cette semaine, quitte à choquer une partie de mon lectorat, je me penche sur un sujet qui me tient particulièrement à cœur : la religion et ses liens avec la politique. Je commencerai par citer mes croyances afin que mon point de vue sur la chose soit bien clair. J’extrapolerai ensuite sur liens qui unissent les interactions et processus décisionnels sociaux et  la spiritualité et croyances.
Je suis agnostique, c'est-à-dire que je ne crois pas en une force supérieure, faute de pouvoir interagir avec elle ou de pouvoir l’observer. Pour moi, la totalité des croyances spirituelles (excepté l’athéisme que je considère comme une négation totalitariste peu étudiée) sont des outils pour effacer une angoisse très fréquente chez l’humain : la peur de l’inutilité, de l’absence de dessein. J’utilise donc la science, ou l’art de comprendre par l’observation, pour établir mes repères dans l’espace et établir l’ordre de mes actions potentielles. Je crois donc être un miracle d’architecture que l’on doit simplement à la logique de la nature.  
Aussi, je ne cache pas ma frustration envers certaines actions plutôt décourageantes de plusieurs religions. Je ne supporte pas l’homophobie, le racisme, les arguments pro-vie (cette sphère est nettement plus personnelle, j’en conviens), la violence gratuite et autres tangentes peu intelligentes que des institutions comme le Christianisme ou l’Islam véhiculent (religions choisies sans discrimination, ce sont simplement les deux premières auxquelles j’ai pensé). J’ai d’ailleurs peu de respect pour les actions légendairement insensées telles que l’inquisition ou les croisades ; la stupidité et les génocides ne s’excusent pas, qu’il y ait un Dieu ou non. Je ne crois donc pas aux bénéfices ni à la logique que certains semblent associer aux cultes à grande échelle. Pour moi, le Pape et Raël sont sur un pied d’égalité.
C’est pourquoi je milite dans cette chronique pour l’impartialité spirituelle en politique. Mes actions sont certes purement critiques et observatoire mais ça fait du bien de se lâcher parfois.
Ce que plusieurs pays industrialisés semblent avoir compris, c’est que la politique et la religion font très rarement bon ménage. C’est pourquoi on a délaissé depuis un certain temps la religion catholique au sein des institutions politiques du Québec par exemple (à l’exception du maire du Saguenay.) La religion est infalsifiable par défaut car tout ce qui la contredit est soit hérétique ou faux. Imaginez s’il fallait que toutes les lois adoptées depuis l’avènement de la démocratie soient intouchables. Selon moi, les prisons déborderaient de voleurs de navets et d’homosexuels.
Mélanger la subjectivité antique et les spéculations pseudo-scientifiques avec les processus décisionnels d’une nation est donc un jeu particulièrement proche de la roulette russe selon mon humble sens du jugement.
Par contre, si vous croyez que je parle en faveur de la destruction de toute spiritualité, détrompez-vous. Je crois qu’elle peut apporter du réconfort, illogique certes, mais réconfort tout de même, au même titre que la bière et l’horoscope. Toutefois, je refuse d’approuver la fusion de la démocratie et de la divination car en politique, Dieu c’est l’homme.
Je respecte tous les pratiquants d’à peu près tous les cultes, mais ce qui caractérise la plupart des sociétés modernes, c’est le détachement de l’Église et de l’état. Je crois que c’est une démarche à poursuivre et à intégrer dans certaines sociétés Africaines et Orientales qui n’ont pas la chance de vivre un régime démocratique et je blâme en partie le culte pour le manque de justice et d’ordre de plusieurs nations en manque de leaders objectifs sur le plan humain.
Avoir un leader politique guidé par des textes sacrés, c’est comme avoir un guide touristique perpétuellement saoul : ce qu’il dit peut sembler sympathique mais c’est facile de se perdre.

dimanche 20 novembre 2011

Jean Leloup à l'Impérial : pour le meilleur et pour le pire

Le grand retour de Jean Leloup sur la scène culturelle Québécoise en 2009 a produit des avis mitigés quand à la concordance du contenu. Son dernier album : Milles excuses milady, a créé la controverse parmi les fans qui ne reconnaissaient pas la bête maniaco-dépressive et qui s’attendaient à beaucoup plus que l’album précédent : Mexico (2006), qui a fait soupirer bien des amateurs de sa musique. De plus, ses performances live ont su attirer les foudres de la masse journalistiques et des fans (Leloup s’amusait à insulter la foule et raccourcir ses spectacles.) Pour ma part, je suis un fan inconditionnel de son art et c’est avec l’esprit ouvert aux fantaisies du maître que je me suis présenté à son spectacle du Jeudi 17 Novembre à l’Impérial de Québec. Cette chronique vise donc à faire un bref résumé de la soirée et de l’ambiance, en oubliant le plus possible mon admiration qui parsèmerait  mes propos d’éloges peu appropriées à une narration journalistique.

En arrivant sur place environ une heure à l’avance, la file qui se prolongeait jusqu’au bout de la rue m’a convaincu que les injures et extravagances ne réduiraient probablement jamais la taille de la foule de fidèles à ces spectacles imprévisibles. La bonne humeur était palpable et  la salle presque pleine, tout était en place pour une prestation mémorable. En fait, il ne s’agissait pas uniquement d’un spectacle solo. Jean Leloup était accompagné d’un groupe qu’il accompagne en tant que producteur : The last assassins, composé de Virginia Tangvald et Mathieu Leclerc au chant, Charlie Yapo à la basse et Benjy Vigneault à la batterie. Pour vous donner une idée, la description du groupe sur le blogue se lit comme suit : «Des textes poétiques sur du rock n’ roll sale et sexy» La soirée était donc partagée entre les chansons en solo de Jean Leloup et des titres de lui et du groupe qu’ils jouaient ensemble. Étant donné le manque d’ordre typique (et agréable) des spectacles de Leloup, il était difficile de distinguer l’improvisation des chansons du groupe relativement méconnu que sont The last assasins. J’ai cependant eu la chance de reconnaître certains de mes classiques préférés et indémodables tels que Cookie ou Edgar qui firent le bonheur unanime des spectateurs.

Pour ce qui est des morceaux en groupe, j’ai été un peu déçu par le contenu répétitif, la voix à mon avis peu attirante de Virginia Tangvald et le look poético-blasé de Mathieu Leclerc qui chantait d’ailleurs très mal (j’ai même entendu un partenaire de parterre le comparer à un légume.) Par contre, les instrumentistes étaient irréprochables et Jean Leloup a fait de son mieux pour rehausser le tout à l’aide de son imagination musicale inépuisable.

Pour ce qui est de l’ambiance, la foule la  modifiait au rythme de son appréciation des pièces. En effet, les hurlements contrastaient avec le silence complet en fonction de ce qui était entendu (j’attribue ce contraste à la présence inconstante de Mathieu Leclerc.) L’éclairage était génial et l’arrangement de la scène était globalement réussi.

Finalement, la prestation, bien que légèrement bipolaire, me confirma encore une fois mon amour de la musique de Leloup, bien que j’aurais pu me passer des derniers assasins qui ne meurtrirent que des oreilles ce soir là. De ce que j’ai pu observer à la sortie, l’assemblée semblait être en accord avec mon opinion. Je laisse quand même l’adresse du site du groupe à l’intention des curieux qui voudraient entendre par eux-mêmes.

dimanche 13 novembre 2011

Égalité et scolarité.

Étant donné la véhémence étudiante observable en milieu collégial et universitaire créée par  la hausse potentielle des frais de scolarité, je me suis donné comme objectif de formuler mes idées sur le sujet dans ce blogue. Je ne suis peut-être pas le plus calé en finances et économie ou en études de société, je l’admets. Cependant, le Subjectivitron se fait un devoir et un plaisir de transmettre un point de vue personnalisé par mon ignorance partielle, aussi profonde soit-elle. J’y vais donc avec prudence et le plus de factualité possible afin de limiter les dégâts.

Dans le coin gauche, une foule d’étudiants en colère, de partout à travers le Québec, qui tente d’annuler la décision du gouvernement qui haussera les frais de scolarité universitaire de 1600 dollars en cinq ans mais aussi de tenter avec audace la promotion de la gratuité étudiante. Dans le coin droit, un gouvernement et des ministres comme Raymond Bachand qui restent inflexibles devant la hargne des jeunes étudiants. M.Bachand affirme : « J'ai de la difficulté à comprendre et à accepter que quelqu'un qui va faire des centaines de milliers de dollars de plus avec son diplôme universitaire, que s'il était diplômé du secondaire, n'accepte pas d'investir un peu pour son éducation ».

La problématique dans l’argumentaire de M. Bachand, c’est son affirmation qui suggère que tout diplôme universitaire mène vers le succès et la capacité de rembourser l’état. Loin de là. Par exemple, un doctorat en philosophie, à moins d’une exception, demande une compétence incroyable mais apporte très peu de revenus substantiels. Une maîtrise en économie par contre, même si elle demande moins d’études, garantit à son détenteur un futur confortable (sauf exceptions encore une fois). Selon lui, il faudrait taxer de manière égalitaire tous les étudiants, sans prendre en compte les débouchés potentiels des études à payer. En suivant sa logique, un étudiant indécis se dirigerait presque automatiquement vers l’option la plus rentable, ce qui est absurde et purement capitaliste.

Il faut bien entendu valoriser la prise de choix en fonction des intérêts et compétences de l’individu si l’objectif est une société saine, équilibrée et fonctionnelle. Selon moi, la hausse des frais de scolarité devrait se faire de façon sélective : en taxant plus cher les programmes potentiellement plus bénéfiques financièrement.

Bien entendu, une telle décision susciterait probablement bien du mécontentement du côté des étudiants ciblés par ces hausses, qui ne penseraient probablement pas à tous les avantages à long terme d’une telle politique.

En adaptant les frais d’accès aux bénéfices futurs du détenteur du diplôme, on augmente fort probablement les inscriptions à l’université. Presque tous les diplômes universitaires un minimum avancé garantissent une place dans la classe moyenne (au moins, selon mes observations). Cela veut dire qu’avec le temps, une augmentation importante du revenu du québécois moyen est envisageable. C’est là que les gens qui se seraient sentis brimés trouveraient leur compte. En effet, une augmentation du revenu moyen signifie aussi une augmentation des taxes reçues par l’état et une diminution probable des dépenses en aide sociale et autres types d’aides aux démunis. Donc une réduction des besoins monétaires du gouvernement et le dégonflement de la taxe et des impôts. En garantissant à tous l’accès à des études et la certitude de pouvoir les payer rapidement, on équilibrerait notre société qui est pour l’instant caractérisée par un gros cratère entre les classes sociales.

Je propose donc une hausse adaptée au revenu futur des frais de scolarité. L’objectif étant  de pousser notre société vers l’augmentation du potentiel de la classe moyenne. Ce qui peut sembler injuste au premier coup d’œil est selon moi la meilleure solution à la discorde qui entoure actuellement le domaine de l’éducation au Québec.

dimanche 6 novembre 2011

À propos de l’occupation

Ceux qui lisent ce blog en lisent probablement d’autres et ont sûrement eu la chance de croiser un journal ou un écran de télévision dans les derniers jours. C’est pourquoi je m’abstiens d’expliquer en détail toute la phase préparatoire et les éléments précipitants qui ont menés à l’explosion du mouvement «Occupy». «Occupy» le monde je suppose.

«We are the 99 %». Voilà la devise des manifestants du mouvement Occupy Wall Street et aussi celle de ceux qui ont choisis d’exporter le concept,comme à Québec, afin d’étendre la prise de parole, la colère collective. Ces gens ont décidés de s’isoler sur la place publique et de scander leur indignation jusqu’à ce que le problème cesse. Selon eux, le problème est le suivant : Les richesses ne sont pas réparties également parmi le peuple. Le fameux 1% accusé détiendrait 38 % des richesses mondiales.

Je suis 100 % d’accord avec l’amertume, le dégoût, le sentiment d’injustice ou le mal de cœur engendré par cette inégalité qui ne date pas d’hier. Cependant, je trouve ces mécontents un peu émotifs et peu proactifs.

Bien sûr, notre société est imparfaite dans l’ensemble mais s’asseoir par terre et bouder ou hurler ne mènera à rien à part l’emmerdement des voisins et alentours (à part pour Wall-Street qui a bien choisi son emplacement). Je trouve qu’ici à Québec, le comportement de ces manifestants mais aussi celui des autorités montre un grand manque de jugement et une absence totale de volonté concrète. D’abord, les individus qui ont choisis de se lever pour la cause devraient se creuser la tête et trouver quelque chose de mieux qu’un blocage de ligne téléphonique du réseau de la ville ou un sit-in pour faire passer le message. Ensuite, la ville elle-même pourrait répondre de manière décente aux affirmations (aussi inorganisées soient-elles) de ces citoyens et trouver un meilleur prétexte qu’un «manque de sécurité et risque élevé d’accident par le feu» pour chasser ces gens qui ne demander qu’une oreille attentive de la part de ce cher Régis et de ses copains à l’administration. Aussi, il faut identifier le 1% avec tact, plusieurs associent le gouvernement à la misère et l’incapacité globale alors que dans un régime aux tendances socialistes comme le nôtre, c’est tout sauf vrai.

En fait, je crois que le fameux 1% se rit de ses manifestations quasi-ridicules qui ne font qu’impressionner le 99% pour cent lui-même, convaincu de prendre des mesures pour se sortir de la mélasse économique dans lequel il baigne. Pour changer les choses, il faut construire, pas détruire en émeutes et manifestations le peu de civisme et de sens commun qui subsiste encore.

Il faut tenter de devenir le 100%, exploiter son potentiel de groupe, discuter, bâtir, cesser d’assumer que tout est pour le mieux ou pour le pire et prendre le taureau par les cornes ; pas en tant qu’individu mais en tant que civilisation organisée et efficace. Le conflit et la discorde ne fait que du bien aux poches des banquiers de New-York, Londres ou Delhi qui se feront une joie de continuer à regarder les émeutes en rediffusion sur leur écran géant si les mesures enfantines des militants ne changent pas.Je suis peut-être isolé dans mes visions bucoliques et peut-être que je surestime le genre humain (tristement). Par contre je refuse d’appuyer les casseurs et les porteurs de masque de vendetta qui chignent sous prétexte que tout va mal par la faute des autres.

Je crois en l’intelligence.

dimanche 30 octobre 2011

Mon Devoir

Depuis peu, je travaille dans un centre commercial. Je vois la situation comme un cadeau Grec étant donné que je peux m’adonner à une étude sociologique perpétuelle tout en accomplissant la besogne que j’exècre. Je sers donc chaque client avec un souci particulier de leurs occupations et humeurs car c’est la seule forme de travail intellectuel qui m’est allouée; je n’aurais peut-être pas dû.

En effet, bien que je reçoive  parfois de la visite d’un(e) gentil(le) humaniste qui s’informe de mon statut et utilise des phrases complètes et polies, la plupart de mes bénéficiaires sont pressés et vulgaires, peu préoccupés par le commis derrière le comptoir. C’est triste mais c’est la vie, certaines personnes ne manifestent aucun intérêt pour la vie humaine et c’est tant pis. Cependant, à force d’étudier ma clientèle, j’ai remarqué que ceux qui me demandent le Journal de Québec sont souvent désagréables et sujet à l’utilisation d’impatience ou de manque de civisme. Je n’en ai pas fait tout un plat et j’ai oublié ma généralisation hâtive jusqu’à ce matin, quand j’ai par hasard plongé le nez dans la page deux de l’immonde quotidien.

J’y ai trouvé un article piètrement réalisé sur l’histoire abracadabrante d’une secrétaire de la ville de Charny qui serait actrice porno à temps perdu. Loin de moi l’idée de critiquer la légitimité du passe-temps de cette femme mais j’ai trouvé la présence de cet article complètement inappropriée. Je ne suis pas prude, loin de là et je n’ai rien contre l’industrie du porno et ses admirateurs et protagonistes. Là où je pète les plombs c’est quand je me rends compte que la totalité de la page deux du quotidien le plus vendu dans la région est investie dans l’histoire (revisitée soit dit en passant)  d’une actrice porno à temps partiel alors que je pourrais penser à cent articles potentiels avec un contenu plus édifiant. La liberté d’expression est quelque chose qui me tient à cœur et c’est pourquoi je ne peux militer contre la destruction immédiate de tout matériel relié de près ou de loin à la construction du Journal de Québec. Cependant, le déchet imprimé que je tentais d’oublier à chaque rencontre a généré chez moi un besoin d’action ce matin.

J’ai compris il y a longtemps que ce journal est destiné à un public qui n’a rien à foutre de la curiosité intellectuelle ou du sérieux médiatique mais c’est seulement aujourd’hui que j’ai réalisé que le produit empire peut être la clientèle, un peu comme la cigarette tue les fumeurs.

J’ai donc dédié ma pause à l’achat de magazines et quotidiens divers que je considère comme intelligents et garnis de contenu susceptible d’attirer à peu près n’importe quel humain civilisé. J’ai ensuite remplacé le Journal de Québec par mes achats et j’ai attendu derrière mon comptoir.

La réaction ne se fit pas attendre.

Des expressions d’incompréhension, voire de dégoût ont étés adressés aux pages couverture de mes trouvailles et j’ai même reçu des demandes visant le retour du fléau illustré que signifie pour moi le Journal de Québec. Ma clientèle était bel et bien sous l’influence de la mise en forme sensationnaliste et puérile du feuillet pourri.

Mon idée était faite. Je suggère donc que le Journal de Québec ou tout autre quotidien de la même tranche soient munis d’un avertissement de ce genre « Contient essentiellement des faits divers, ne peut-être considéré comme  de l’actualité sélectionnée  » afin que les gens comme mes clients qui ne semblent pas savoir ce qu’est une nouvelle puissent être éclairés et redirigés vers la bonne section. Ainsi, peut-être que la moyenne des lecteurs sera tout à-coup consciente des lacunes de l’information qu’elle reçoit et peut-être que je verrai mon objectif se réaliser : une société qui, à défaut d’être lucide, est informée par des gens qui ont le souci de la voir progresser et non des égocentriques qui utilisent le manque de conscience sociale pour se remplir les poches.

samedi 29 octobre 2011

Introduction

Le subjectivitron est rédigé dans un contexte scolaire et sera garni d'une rubrique par semaine pour votre plaisir ainsi qu'à des fins purement académiques. Libre à vous de laisser vos commentaires. Bonne visite.