dimanche 13 novembre 2011

Égalité et scolarité.

Étant donné la véhémence étudiante observable en milieu collégial et universitaire créée par  la hausse potentielle des frais de scolarité, je me suis donné comme objectif de formuler mes idées sur le sujet dans ce blogue. Je ne suis peut-être pas le plus calé en finances et économie ou en études de société, je l’admets. Cependant, le Subjectivitron se fait un devoir et un plaisir de transmettre un point de vue personnalisé par mon ignorance partielle, aussi profonde soit-elle. J’y vais donc avec prudence et le plus de factualité possible afin de limiter les dégâts.

Dans le coin gauche, une foule d’étudiants en colère, de partout à travers le Québec, qui tente d’annuler la décision du gouvernement qui haussera les frais de scolarité universitaire de 1600 dollars en cinq ans mais aussi de tenter avec audace la promotion de la gratuité étudiante. Dans le coin droit, un gouvernement et des ministres comme Raymond Bachand qui restent inflexibles devant la hargne des jeunes étudiants. M.Bachand affirme : « J'ai de la difficulté à comprendre et à accepter que quelqu'un qui va faire des centaines de milliers de dollars de plus avec son diplôme universitaire, que s'il était diplômé du secondaire, n'accepte pas d'investir un peu pour son éducation ».

La problématique dans l’argumentaire de M. Bachand, c’est son affirmation qui suggère que tout diplôme universitaire mène vers le succès et la capacité de rembourser l’état. Loin de là. Par exemple, un doctorat en philosophie, à moins d’une exception, demande une compétence incroyable mais apporte très peu de revenus substantiels. Une maîtrise en économie par contre, même si elle demande moins d’études, garantit à son détenteur un futur confortable (sauf exceptions encore une fois). Selon lui, il faudrait taxer de manière égalitaire tous les étudiants, sans prendre en compte les débouchés potentiels des études à payer. En suivant sa logique, un étudiant indécis se dirigerait presque automatiquement vers l’option la plus rentable, ce qui est absurde et purement capitaliste.

Il faut bien entendu valoriser la prise de choix en fonction des intérêts et compétences de l’individu si l’objectif est une société saine, équilibrée et fonctionnelle. Selon moi, la hausse des frais de scolarité devrait se faire de façon sélective : en taxant plus cher les programmes potentiellement plus bénéfiques financièrement.

Bien entendu, une telle décision susciterait probablement bien du mécontentement du côté des étudiants ciblés par ces hausses, qui ne penseraient probablement pas à tous les avantages à long terme d’une telle politique.

En adaptant les frais d’accès aux bénéfices futurs du détenteur du diplôme, on augmente fort probablement les inscriptions à l’université. Presque tous les diplômes universitaires un minimum avancé garantissent une place dans la classe moyenne (au moins, selon mes observations). Cela veut dire qu’avec le temps, une augmentation importante du revenu du québécois moyen est envisageable. C’est là que les gens qui se seraient sentis brimés trouveraient leur compte. En effet, une augmentation du revenu moyen signifie aussi une augmentation des taxes reçues par l’état et une diminution probable des dépenses en aide sociale et autres types d’aides aux démunis. Donc une réduction des besoins monétaires du gouvernement et le dégonflement de la taxe et des impôts. En garantissant à tous l’accès à des études et la certitude de pouvoir les payer rapidement, on équilibrerait notre société qui est pour l’instant caractérisée par un gros cratère entre les classes sociales.

Je propose donc une hausse adaptée au revenu futur des frais de scolarité. L’objectif étant  de pousser notre société vers l’augmentation du potentiel de la classe moyenne. Ce qui peut sembler injuste au premier coup d’œil est selon moi la meilleure solution à la discorde qui entoure actuellement le domaine de l’éducation au Québec.

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