dimanche 27 novembre 2011

Politique néolithique.

Cette semaine, quitte à choquer une partie de mon lectorat, je me penche sur un sujet qui me tient particulièrement à cœur : la religion et ses liens avec la politique. Je commencerai par citer mes croyances afin que mon point de vue sur la chose soit bien clair. J’extrapolerai ensuite sur liens qui unissent les interactions et processus décisionnels sociaux et  la spiritualité et croyances.
Je suis agnostique, c'est-à-dire que je ne crois pas en une force supérieure, faute de pouvoir interagir avec elle ou de pouvoir l’observer. Pour moi, la totalité des croyances spirituelles (excepté l’athéisme que je considère comme une négation totalitariste peu étudiée) sont des outils pour effacer une angoisse très fréquente chez l’humain : la peur de l’inutilité, de l’absence de dessein. J’utilise donc la science, ou l’art de comprendre par l’observation, pour établir mes repères dans l’espace et établir l’ordre de mes actions potentielles. Je crois donc être un miracle d’architecture que l’on doit simplement à la logique de la nature.  
Aussi, je ne cache pas ma frustration envers certaines actions plutôt décourageantes de plusieurs religions. Je ne supporte pas l’homophobie, le racisme, les arguments pro-vie (cette sphère est nettement plus personnelle, j’en conviens), la violence gratuite et autres tangentes peu intelligentes que des institutions comme le Christianisme ou l’Islam véhiculent (religions choisies sans discrimination, ce sont simplement les deux premières auxquelles j’ai pensé). J’ai d’ailleurs peu de respect pour les actions légendairement insensées telles que l’inquisition ou les croisades ; la stupidité et les génocides ne s’excusent pas, qu’il y ait un Dieu ou non. Je ne crois donc pas aux bénéfices ni à la logique que certains semblent associer aux cultes à grande échelle. Pour moi, le Pape et Raël sont sur un pied d’égalité.
C’est pourquoi je milite dans cette chronique pour l’impartialité spirituelle en politique. Mes actions sont certes purement critiques et observatoire mais ça fait du bien de se lâcher parfois.
Ce que plusieurs pays industrialisés semblent avoir compris, c’est que la politique et la religion font très rarement bon ménage. C’est pourquoi on a délaissé depuis un certain temps la religion catholique au sein des institutions politiques du Québec par exemple (à l’exception du maire du Saguenay.) La religion est infalsifiable par défaut car tout ce qui la contredit est soit hérétique ou faux. Imaginez s’il fallait que toutes les lois adoptées depuis l’avènement de la démocratie soient intouchables. Selon moi, les prisons déborderaient de voleurs de navets et d’homosexuels.
Mélanger la subjectivité antique et les spéculations pseudo-scientifiques avec les processus décisionnels d’une nation est donc un jeu particulièrement proche de la roulette russe selon mon humble sens du jugement.
Par contre, si vous croyez que je parle en faveur de la destruction de toute spiritualité, détrompez-vous. Je crois qu’elle peut apporter du réconfort, illogique certes, mais réconfort tout de même, au même titre que la bière et l’horoscope. Toutefois, je refuse d’approuver la fusion de la démocratie et de la divination car en politique, Dieu c’est l’homme.
Je respecte tous les pratiquants d’à peu près tous les cultes, mais ce qui caractérise la plupart des sociétés modernes, c’est le détachement de l’Église et de l’état. Je crois que c’est une démarche à poursuivre et à intégrer dans certaines sociétés Africaines et Orientales qui n’ont pas la chance de vivre un régime démocratique et je blâme en partie le culte pour le manque de justice et d’ordre de plusieurs nations en manque de leaders objectifs sur le plan humain.
Avoir un leader politique guidé par des textes sacrés, c’est comme avoir un guide touristique perpétuellement saoul : ce qu’il dit peut sembler sympathique mais c’est facile de se perdre.

dimanche 20 novembre 2011

Jean Leloup à l'Impérial : pour le meilleur et pour le pire

Le grand retour de Jean Leloup sur la scène culturelle Québécoise en 2009 a produit des avis mitigés quand à la concordance du contenu. Son dernier album : Milles excuses milady, a créé la controverse parmi les fans qui ne reconnaissaient pas la bête maniaco-dépressive et qui s’attendaient à beaucoup plus que l’album précédent : Mexico (2006), qui a fait soupirer bien des amateurs de sa musique. De plus, ses performances live ont su attirer les foudres de la masse journalistiques et des fans (Leloup s’amusait à insulter la foule et raccourcir ses spectacles.) Pour ma part, je suis un fan inconditionnel de son art et c’est avec l’esprit ouvert aux fantaisies du maître que je me suis présenté à son spectacle du Jeudi 17 Novembre à l’Impérial de Québec. Cette chronique vise donc à faire un bref résumé de la soirée et de l’ambiance, en oubliant le plus possible mon admiration qui parsèmerait  mes propos d’éloges peu appropriées à une narration journalistique.

En arrivant sur place environ une heure à l’avance, la file qui se prolongeait jusqu’au bout de la rue m’a convaincu que les injures et extravagances ne réduiraient probablement jamais la taille de la foule de fidèles à ces spectacles imprévisibles. La bonne humeur était palpable et  la salle presque pleine, tout était en place pour une prestation mémorable. En fait, il ne s’agissait pas uniquement d’un spectacle solo. Jean Leloup était accompagné d’un groupe qu’il accompagne en tant que producteur : The last assassins, composé de Virginia Tangvald et Mathieu Leclerc au chant, Charlie Yapo à la basse et Benjy Vigneault à la batterie. Pour vous donner une idée, la description du groupe sur le blogue se lit comme suit : «Des textes poétiques sur du rock n’ roll sale et sexy» La soirée était donc partagée entre les chansons en solo de Jean Leloup et des titres de lui et du groupe qu’ils jouaient ensemble. Étant donné le manque d’ordre typique (et agréable) des spectacles de Leloup, il était difficile de distinguer l’improvisation des chansons du groupe relativement méconnu que sont The last assasins. J’ai cependant eu la chance de reconnaître certains de mes classiques préférés et indémodables tels que Cookie ou Edgar qui firent le bonheur unanime des spectateurs.

Pour ce qui est des morceaux en groupe, j’ai été un peu déçu par le contenu répétitif, la voix à mon avis peu attirante de Virginia Tangvald et le look poético-blasé de Mathieu Leclerc qui chantait d’ailleurs très mal (j’ai même entendu un partenaire de parterre le comparer à un légume.) Par contre, les instrumentistes étaient irréprochables et Jean Leloup a fait de son mieux pour rehausser le tout à l’aide de son imagination musicale inépuisable.

Pour ce qui est de l’ambiance, la foule la  modifiait au rythme de son appréciation des pièces. En effet, les hurlements contrastaient avec le silence complet en fonction de ce qui était entendu (j’attribue ce contraste à la présence inconstante de Mathieu Leclerc.) L’éclairage était génial et l’arrangement de la scène était globalement réussi.

Finalement, la prestation, bien que légèrement bipolaire, me confirma encore une fois mon amour de la musique de Leloup, bien que j’aurais pu me passer des derniers assasins qui ne meurtrirent que des oreilles ce soir là. De ce que j’ai pu observer à la sortie, l’assemblée semblait être en accord avec mon opinion. Je laisse quand même l’adresse du site du groupe à l’intention des curieux qui voudraient entendre par eux-mêmes.

dimanche 13 novembre 2011

Égalité et scolarité.

Étant donné la véhémence étudiante observable en milieu collégial et universitaire créée par  la hausse potentielle des frais de scolarité, je me suis donné comme objectif de formuler mes idées sur le sujet dans ce blogue. Je ne suis peut-être pas le plus calé en finances et économie ou en études de société, je l’admets. Cependant, le Subjectivitron se fait un devoir et un plaisir de transmettre un point de vue personnalisé par mon ignorance partielle, aussi profonde soit-elle. J’y vais donc avec prudence et le plus de factualité possible afin de limiter les dégâts.

Dans le coin gauche, une foule d’étudiants en colère, de partout à travers le Québec, qui tente d’annuler la décision du gouvernement qui haussera les frais de scolarité universitaire de 1600 dollars en cinq ans mais aussi de tenter avec audace la promotion de la gratuité étudiante. Dans le coin droit, un gouvernement et des ministres comme Raymond Bachand qui restent inflexibles devant la hargne des jeunes étudiants. M.Bachand affirme : « J'ai de la difficulté à comprendre et à accepter que quelqu'un qui va faire des centaines de milliers de dollars de plus avec son diplôme universitaire, que s'il était diplômé du secondaire, n'accepte pas d'investir un peu pour son éducation ».

La problématique dans l’argumentaire de M. Bachand, c’est son affirmation qui suggère que tout diplôme universitaire mène vers le succès et la capacité de rembourser l’état. Loin de là. Par exemple, un doctorat en philosophie, à moins d’une exception, demande une compétence incroyable mais apporte très peu de revenus substantiels. Une maîtrise en économie par contre, même si elle demande moins d’études, garantit à son détenteur un futur confortable (sauf exceptions encore une fois). Selon lui, il faudrait taxer de manière égalitaire tous les étudiants, sans prendre en compte les débouchés potentiels des études à payer. En suivant sa logique, un étudiant indécis se dirigerait presque automatiquement vers l’option la plus rentable, ce qui est absurde et purement capitaliste.

Il faut bien entendu valoriser la prise de choix en fonction des intérêts et compétences de l’individu si l’objectif est une société saine, équilibrée et fonctionnelle. Selon moi, la hausse des frais de scolarité devrait se faire de façon sélective : en taxant plus cher les programmes potentiellement plus bénéfiques financièrement.

Bien entendu, une telle décision susciterait probablement bien du mécontentement du côté des étudiants ciblés par ces hausses, qui ne penseraient probablement pas à tous les avantages à long terme d’une telle politique.

En adaptant les frais d’accès aux bénéfices futurs du détenteur du diplôme, on augmente fort probablement les inscriptions à l’université. Presque tous les diplômes universitaires un minimum avancé garantissent une place dans la classe moyenne (au moins, selon mes observations). Cela veut dire qu’avec le temps, une augmentation importante du revenu du québécois moyen est envisageable. C’est là que les gens qui se seraient sentis brimés trouveraient leur compte. En effet, une augmentation du revenu moyen signifie aussi une augmentation des taxes reçues par l’état et une diminution probable des dépenses en aide sociale et autres types d’aides aux démunis. Donc une réduction des besoins monétaires du gouvernement et le dégonflement de la taxe et des impôts. En garantissant à tous l’accès à des études et la certitude de pouvoir les payer rapidement, on équilibrerait notre société qui est pour l’instant caractérisée par un gros cratère entre les classes sociales.

Je propose donc une hausse adaptée au revenu futur des frais de scolarité. L’objectif étant  de pousser notre société vers l’augmentation du potentiel de la classe moyenne. Ce qui peut sembler injuste au premier coup d’œil est selon moi la meilleure solution à la discorde qui entoure actuellement le domaine de l’éducation au Québec.

dimanche 6 novembre 2011

À propos de l’occupation

Ceux qui lisent ce blog en lisent probablement d’autres et ont sûrement eu la chance de croiser un journal ou un écran de télévision dans les derniers jours. C’est pourquoi je m’abstiens d’expliquer en détail toute la phase préparatoire et les éléments précipitants qui ont menés à l’explosion du mouvement «Occupy». «Occupy» le monde je suppose.

«We are the 99 %». Voilà la devise des manifestants du mouvement Occupy Wall Street et aussi celle de ceux qui ont choisis d’exporter le concept,comme à Québec, afin d’étendre la prise de parole, la colère collective. Ces gens ont décidés de s’isoler sur la place publique et de scander leur indignation jusqu’à ce que le problème cesse. Selon eux, le problème est le suivant : Les richesses ne sont pas réparties également parmi le peuple. Le fameux 1% accusé détiendrait 38 % des richesses mondiales.

Je suis 100 % d’accord avec l’amertume, le dégoût, le sentiment d’injustice ou le mal de cœur engendré par cette inégalité qui ne date pas d’hier. Cependant, je trouve ces mécontents un peu émotifs et peu proactifs.

Bien sûr, notre société est imparfaite dans l’ensemble mais s’asseoir par terre et bouder ou hurler ne mènera à rien à part l’emmerdement des voisins et alentours (à part pour Wall-Street qui a bien choisi son emplacement). Je trouve qu’ici à Québec, le comportement de ces manifestants mais aussi celui des autorités montre un grand manque de jugement et une absence totale de volonté concrète. D’abord, les individus qui ont choisis de se lever pour la cause devraient se creuser la tête et trouver quelque chose de mieux qu’un blocage de ligne téléphonique du réseau de la ville ou un sit-in pour faire passer le message. Ensuite, la ville elle-même pourrait répondre de manière décente aux affirmations (aussi inorganisées soient-elles) de ces citoyens et trouver un meilleur prétexte qu’un «manque de sécurité et risque élevé d’accident par le feu» pour chasser ces gens qui ne demander qu’une oreille attentive de la part de ce cher Régis et de ses copains à l’administration. Aussi, il faut identifier le 1% avec tact, plusieurs associent le gouvernement à la misère et l’incapacité globale alors que dans un régime aux tendances socialistes comme le nôtre, c’est tout sauf vrai.

En fait, je crois que le fameux 1% se rit de ses manifestations quasi-ridicules qui ne font qu’impressionner le 99% pour cent lui-même, convaincu de prendre des mesures pour se sortir de la mélasse économique dans lequel il baigne. Pour changer les choses, il faut construire, pas détruire en émeutes et manifestations le peu de civisme et de sens commun qui subsiste encore.

Il faut tenter de devenir le 100%, exploiter son potentiel de groupe, discuter, bâtir, cesser d’assumer que tout est pour le mieux ou pour le pire et prendre le taureau par les cornes ; pas en tant qu’individu mais en tant que civilisation organisée et efficace. Le conflit et la discorde ne fait que du bien aux poches des banquiers de New-York, Londres ou Delhi qui se feront une joie de continuer à regarder les émeutes en rediffusion sur leur écran géant si les mesures enfantines des militants ne changent pas.Je suis peut-être isolé dans mes visions bucoliques et peut-être que je surestime le genre humain (tristement). Par contre je refuse d’appuyer les casseurs et les porteurs de masque de vendetta qui chignent sous prétexte que tout va mal par la faute des autres.

Je crois en l’intelligence.