Un peu plus tôt dans l’année, environ à la mi-session de CÉGEP, j’ai eu l’occasion d’échanger sur la politique avec l’un de mes professeurs que je ne nommerai pas car son identité n’a aucune importance en contexte. En bref, nous argumentions en suivant la classique ligne de débat gauche vs droite. J’étais du côté gauche et, étant au beau milieu d’un cours, nous n’avons pas pu terminer la discussion, à mon grand regret. En pensant à mes sujets potentiels pour cette chronique, je me suis souvenu de cet échange et plus particulièrement d’une phrase prononcée par mon professeur qui allait comme suit : « Les idées de gauche ne sont que des rêveries prononcées par des révolutionnaires extravagants.» L’impact de cette phrase qui frôle l’insulte gratuite et le temps limité m’ont empêché de bien formuler une réponse claire et nette, hélas. C’est pourquoi je choisis de donner mon opinion dans ce blogue créé à cet effet, pour rattraper l’occasion perdue. Je vais donc tenter de vous faire comprendre pourquoi le système économique néo-libéral conservateur en usage actuellement contient tout autant et même plus d’«extravagances» qu’un système socialiste accompli.
Le néolibéralisme est un système théorique conçu par ceux que l'on nomme "l'École de Chicago" dont le principal promoteur était Milton Friedman. Elle mélange certains points du libéralisme (dérégulation des marchés financiers, privatisation des entreprises d’état, vente de ressources naturelles à prix bas à des conglomérats étrangers etc.) à plusieurs éléments du keynésianisme de John Maynard Keynes qui valorise plutôt les subventions au privé et les infrastructures d’entreprises payées par l’état. La logique derrière cette théorie est que l'argent crée par les entreprises est redistribué en salaires aux employés (création d'emplois) et en profits redistribués aux actionnaires, dont des fonds de pensions, et que ces actionnaires se serviront de l'argent pour se procurer des biens et des services, ce qui fait rouler l'économie et crée des emplois. Le problème dans tout cela c’est la spéculation. En effet, de nos jours, il est plus rentable d’acheter des actions et de spéculer sur leur valeur (vendre et acheter au bon moment) que d’investir directement dans une entreprise et récolter les profits. Donc, souvent, quelqu’un d’important dans le milieu économique spécule que la valeur de ses actions va baisser prochainement et vend. Les autres investisseurs le suivent en se disant que si celui là a vendu, c’est certain que le prix va radicalement baisser, alors tout le monde vend et l’action dégringole. Le phénomène se nomme bulle spéculatrice et c’est ce qu’on a vu notamment dans le krach de 1929 ou la crise économique de 2008.
La solution néo-libérale à tout cela est d’injecter des sommes d’argent importantes dans l’état ou les entreprises en perdition afin de sauver la mise. Mais en réduisant ses revenus et augmentant les dépenses, l’état se met dans la merde et il faut réinvestir massivement à tous les 5 à 10 ans, comme en 2008.
Je trouve donc étrange de considérer des idéaux d’entraide, de partage et d’égalité (de gauche) comme extravagants alors que le cœur même de notre économie est basé sur les estimations d’un petit groupe de gamblers. De plus, les militants de droite dénoncent les dépenses en aide sociale et en éducation par exemple comme étant la source du manque de fonds de l’état alors que la privatisation et la paranoïa font des ravages.
En somme, je suggère à tous les argumentateurs de droite de considérer les bases abstraites de leur propre système d’idées avant de considérer la gauche progressiste comme extravagante. Ce n’est pas parce que la cupidité et le manque d’organisation ont fait rater plusieurs systèmes de gauche dans le passé qu’il faut être cynique et continuer de miser sur les mêmes absurdités rétrogrades et carrément illogiques.
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